La confusion continue de
régner sur l'organisation de la Convention du parti démocrate à Denver, sur le rôle que les superdélégués des membres des partis démocrates du Michigan et de Floride siègeront au Credentials
Comittee de la Convention, seront amenés à y jouer et sur la présence ou non des délégués de Floride et du Michigan, deux états
punis pour n'avoir pas respecté le calendrier électoral du parti national. Mercredi, à la surprise générale, le Comité du parti national, l'organe central du parti démocrate, annonçait que ce
même Comité qui déterminera si oui ou non les délégués de Floride et du Michigan pourront participer au grand raout démocrate.
Le processus est compliqué, je vous le concède. Mais cette décision montre surtout que le parti démocrate cherche par tous les moyens à éviter une guerre fratricide entre Hillary Clinton et Barack Obama devant le parterre de Denver. Même s'il paraît mathématiquement impossible à la première de battre le second d'ici la fin des primaires, le 4 juin prochain, le règlement du sort des délégués de Floride et du Michigan permettrait déjà d'éliminer une des controverses qui minent le parti.
Reste à en peaufiner les détails. On se souviendra qu'Hillary Clinton a gagné ces deux scrutins en janvier. Aucun des candidats n'avaient fait campagne en Floride, respectant ainsi le voeu du parti national. L'ancienne first Lady peut faire valoir que le résultat des urnes est donc juste. La question est plus compliquée au Michigan, puisque le nom de Barack Obama ne figurait même pas sur les bulletins de vote. Certains membres du parti ont déjà suggéré de répartir les délégués de cet état à hauteur de 50% pour chaque candidat. Pas sûr que la sénatrice de New York accepte aussi facilement que cela.
Deuxième controverse. Celle des superdélégués, ces 796 élus du parti (gouverneurs, ex-gouverneurs, anciens présidents, membres du Congrès et autres politiciens locaux) qui devront départager les candidats puisque l'on sait que ni l'un ni l'autre n'atteindra le chiffre magique de 2024 d'ici la fin des primaires. Pour sortir de l'ornière et empêcher une bataille en ordre rangée devant les caméras au Colorado, les leaders du parti, et son président Howard Dean en tête, invitent désormais les superdélégués à faire connaître leur position avant le 1er juillet. Le gouverneur du Tennessee est allé jusqu'à proposer qu'ils tiennent leur propre primaire.
On comprend l'empressement du parti. Les réactions à la décision de Bill Richardson de soutenir Barack Obama, n'illustre que trop bien la guerre qui se joue en coulisses et que les démocrates veulent faire cesser, si le parti veut avoir une chance d'arriver à Denver uni. Ancien ambassadeur à l'ONU sous Bill Clinton, avant d'en devenir son Secrétaire à l'énergie, le gouverneur du Nouveau Mexique, superdélégué démocrate, a pourtant choisi de donner sa voix au sénateur de l'Illinois, se faisant traiter de "Judas" par James Carville, un ancien conseiller de Bill Clinton. L'ancien président a même piqué une colère sans borne devant 16 superdélégués californiens ce week-end, leur disant que Richardson lui avait assuré par 5 fois qu'il soutiendrait Hillary. Une affirmation aussitôt démentie par l'intéressé dans une chronique au Washington Post mardi.
Harold Ickes, un conseiller de la campagne d'Hillary Clinton, a admis que les Clinton font mention de la controverse sur le pasteur Jeremiah Wright pour tenter d'influencer les superdélégués et les convaincre qu'elle sera un poids pour Barack Obama. D'autres sources avancent que les Clinton font valoir comme argument qu'Obama n'a aucune chance de gagner en novembre. Des déclarations qui augurent mal de la nécessaire réconciliation pour entrer dans la phase de l'élection générale quel que soit le nominé du parti démocrate.
On comprend dès lors les tentatives de résolution du parti pour régler les controverses en cours. Tout comme les propos soudainement plus conciliants de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, affirmant que les superdélégués doivent voter en leur âme et conscience alors qu'elle avait déclaré il y a quelques semaines à peine que ceux-ci se devaient de respecter la volonté populaire. Autant de signes perçus comme des gestes visant à apaiser le camp Clinton qui n'a eu de cesse de répéter qu'il amènerait la question des délégués de Floride et du Michigan à la Convention.
Dès lors tout reste ouvert. Car si sur le papier Hillary Clinton n'a pratiquement aucune chance de rattraper Barack Obama en nombre de délégués, une victoire en Pennsylvanie le 22 avril et dans deux ou trois autres états dans les semaines suivantes (une perspective plausible), pourraient encore maintenir en vie ses chances de convaincre les superdélégués que le momentum est désormais de son côté. Dans ce cas de figure, le parti devra alors se demander comment il conciliera le fait d'avoir choisi une nominée qui n'est pas la gagnante des urnes. Un scénario par forcément plus aisé pour la Convention de Denver.
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