Jeudi 3 Avril, 17h31
PARIS - Pour la seconde fois depuis le début de la semaine, des milliers de lycéens ont manifesté en France contre les quelque 11.200 suppressions de postes prévues cette année à l'Éducation nationale.
Avant même le début des manifestations à Paris et dans les grandes agglomérations, des actions ont eu lieu dans la matinée à Tourcoing, Grenoble, Blois, Montpellier, ou Toulon, avec 4.000 manifestants, selon l'Union nationale lycéenne (UNL).
Pour le syndicat, cette journée marque une "amplification de la mobilisation" avec 100 lycées bloqués dans toute la France.
Des rassemblements étaient prévus dans l'après-midi à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Valence.
Mardi, l'UNL avait revendiqué 17.000 à 20.000 manifestants et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) 13.000 à Paris, la préfecture de police dénombrant pour sa part 4.500 manifestants dans la capitale.
Le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, devait se rendre dans l'après-midi à l'académie de Créteil (Val-de-Marne), où la contestation est vive depuis plusieurs semaines.
Xavier Darcos a minimisé jusqu'à présent la contestation lycéenne, estimant qu'il s'agissait de protestations "rituelles" pour l'instant très minoritaires.
Il a également appelé les lycéens à ne pas se focaliser sur les réductions de postes. "Ne vous laissez pas enfermer dans le discours syndical sur le nombre de postes, la question de fond n'est pas là", a-t-il dit mardi dernier.
Xavier Darcos bataille pour préserver ses crédits alors que le gouvernement doit annoncer vendredi plusieurs milliards d'euros d'économies sur ses dépenses d'intervention.
Mais les syndicats lycéens considèrent que les 8.830 suppressions de postes prévues dans les lycées "sont une véritable saignée, une atteinte au service public d'éducation".
"Sur la lancée actuelle, d'ici à 2012, ce sont 85.000 postes d'enseignants en moins avec 150.000 élèves en plus dans le système scolaire", assure dans Le Monde, daté du 4 avril, Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa.
"Et ça va être chaud, car cela concerne non seulement les enseignants et les élèves, mais aussi les parents et les collectivités territoriales", ajoute-t-il.
Les syndicats lycéens veulent également engager sans tarder des discussions avec le ministère de l'Education nationale sur la réforme du baccalauréat professionnel, le "bac pro", annoncée, selon eux, sans concertation.
Donnez votre avis sur cet article